Jérusalem, capitale du Sionisme Immobilier

891

En Israël, les transactions immobilières représentent une énorme partie de l’économie du pays (les taxes directes sur les transactions immobilières représentent plus de 7% de l’ensemble des impôts collectés en Israël !). L’essentiel de ces transactions se fait pourtant sur un tout petit nombre de villes.

capture2016-08-10100818C’est ainsi qu’une étude récente indique que par exemple en 2014, 4199 transactions concernant les appartements les plus demandés (de 3 à 4 pièces) ont été réalisées à Tel-Aviv et 3931 à Jérusalem, plaçant ainsi ces deux grands pôles religieux, politiques et économiques en tête du pays. Dans 33.9% des cas, il s’agit de premières acquisitions immobilières, dans 46.2%, ces transactions font suite à un changement de ville, dans 34.7%, il s’agit de purs investissements et dans 11.2% des cas, il s’agit d’acquisitions par des étrangers.

C’est à Tel-Aviv que l’on constate le plus de primo accédants à la propriété (7.1% des achats locaux), tandis que c’est souvent suite à un déménagement que l’on achète un appartement à Jérusalem.

Tel-Aviv se positionne aussi comme la ville où l’on achète le plus pour de l’investissement pur par des Israéliens, tandis que Jérusalem reste la cible privilégiée des acheteurs étrangers (28% des transactions réalisées à Jérusalem sont faites par des étrangers ; par comparaison, à Ashkelon seulement 2.3% des transactions sont effectuées par des étrangers).

Et l’on ne peut que constater que les prix ne cessent de monter de manière impressionnante, tant à Jérusalem qu’à Tel-Aviv. Il faut maintenant en moyenne 2 177 000 shekels pour acheter un appartement de 4 pièces à Jérusalem et 3 000 000 shekels à Tel-Aviv. Pour information, 1 000 000 suffisent pour ces mêmes 4 pièces à Ashkelon.

Mais pourquoi diable est ce donc si cher à Jérusalem ???

Pas de plage, des immeubles pas toujours jolis à voir, une ambiance parfois austère… Certes, mais depuis plus de 2000 ans tous les Juifs du monde répètent inlassablement « L’an prochain à Jérusalem », et non pas « L’an prochain à la plage ou au ski » ! Même les Juifs les plus éloignés du judaïsme ont entendu cette rengaine qui traduite à l’Américaine donnerait : « Location, location, location » (emplacement, emplacement, emplacement en bon français).

C’est là que le bât blesse. Jérusalem, 850 000 habitants et seulement 215 237 habitations résidentielles. En moyenne, 81m2 par appartement. Et si les Israéliens de souche sont capables de se considérer comme bien logés dans 35m2 car ils y ont élevé dix enfants, ce n’est certes pas le rêve des étrangers ou des nouveaux immigrants ! Alors, si l’on enlève à nos 215 237 logements, les 21 000 appartements de moins de 40m2, il ne nous reste plus « en stock » que 194 000 appartements environ ! Sur ces 194 000 appartements que tous les propriétaires ne souhaitent pas forcement vendre, seuls ceux situés dans les quartiers centraux intéressent les nouveaux venus ou les étrangers, ce qui nous conduit à ne considérer finalement que 43 800 appartements potentiellement intéressants car situés dans les fameux quartiers suivants : Centre-Ville, Na’hlaot, Shaarei ‘Hessed, Re’havia, Katamon, Mamilla, Talbyeh, Kiryat Moshé, Baît Vegan, Rasco, Moshava Germanit et Yevanit, Baka et Makor ‘Haim.

Problème, ces appartements sont habités !!! Et par des gens qui comptent bien rester chez eux !

Or les acheteurs potentiels sont fort nombreux.

En effet, déjà parmi la population locale, il y a des personnes qui souhaitent acheter ou déménager. Également intéressés, les nouveaux arrivants d’autres villes israéliennes. Car bien que ces derniers ne compensent pas ceux qui quittent la ville (chaque année environ 10 000 personnes arrivent tandis que 16 000 partent vers d’autres villes, essentiellement vers Tel-Aviv et Bet Shemesh), ce mouvement crée quand même une demande supplémentaire. Se positionnent également les nouveaux immigrants, et si autrefois Haïfa et
Tel-Aviv étaient les destinations favorites pour s’installer en arrivant en Israël, aujourd’hui, Jérusalem s’est largement imposée en ville de première intention (en 2014, plus de 11% des nouveaux immigrants se sont installés d’abord dans la capitale). Et sur ces 2800 nouveaux immigrants, une large majorité (927) arrivaient de France, dépassant même ceux en provenance d’Amérique (678).

En résumé donc, une forte demande locale, une forte demande nationale, et un sionisme religieux qui conduit à une nouvelle forme de sionisme : le sionisme immobilier, alliant le sentimental à la sécurité financière. Et malgré des prix forcement très élevés, malgré une architecture loin d’être Haussmannienne et un parcours du combattant pour acheter un bien, c’est bien à Jérusalem que l’investissement immobilier semble le plus sécurisé, conduisant de plus en plus les nouveaux acquéreurs à explorer de nouvelles pistes (« alyah administrative ») pour essayer de maintenir une discrétion absolue, tant ici que dans leur pays d’origine ou de résidence. Car si on est fier (pour soi-même) d’être propriétaire à Jérusalem, on n’a pas forcement envie de s’afficher propriétaire israélien hors de nos frontières…

Alors l’an prochain à Jérusalem ? Après tout comme le disait Théodore Hertzl « si vous le voulez, ce n’est pas une légende » !

Sources: Central Bureau of Statistics, Jerusalem Institute for Israeli Research, yad 2, The Marker, Ministere des finances

Economie, Entreprenariat, Immobilier, Life Style, Droits et informations pour les nouveaux immigrants, Développement urbain, Reportages, Interview de personnalités, Enquête, Investigation, LeMag’ est un magazine axé sur les centres d’intérêt de la francophonie d’Israël.

Nous nous sommes entourés d’une équipe de journalistes professionnels afin que ce nouveau média représente une référence pour un public exigeant.

INFORMATIONS VÉRIFIÉES, REPORTAGES ORIGINAUX, ENQUÊTES SUR LE TERRAIN

LeMag’ est l’un des médias francophones les plus aboutis en termes de contenu rédactionnel. Son graphisme aéré et très documenté participe également à la réussite de ce média devenu incontournable au sein de la communauté francophone d’Israël.

Qualité et originalité sont les moteurs qui nous font avancer pour vous présenter un magazine unique en son genre.

Dec 6, 2018
S’il y a un point commun à tous les vendeurs de biens immobiliers dans le monde c’est bien le sentiment d’injustice qui nous envahit lors du calcul des frais applicables à une cession immobilière. Lire la suite sur LeMag.co.il.
Dec 5, 2018
Qui n’a pas entendu parler de l’étude présentée par un important réseau immobilier lors de son séminaire annuel mondial, mettant en évidence un écart incroyable entre les prix de l’immobilier dans 26 villes de pays différents ? Lire la suite sur LeMag.co.il.
Dec 5, 2018
Le 8 octobre dernier, la famille du sergent Ronen Lubarsky, tué par un terroriste pendant une opération près de Ramallah, a refusé d’assister au procès de son meurtrier, qui devait comparaître devant la Cour de justice militaire de Judée Samarie. Lire la suite sur LeMag.co.il.
Dec 5, 2018
Des pirates juifs ??? Et non, ce n'est pas une blague ! Au cours des dernières décennies, la découverte de plusieurs pierres tombales, dans l'ancien cimetière de Hunts Bay à Kingston (capitale de la Jamaïque), portant des marques inhabituelles au-dessus d’une écriture hébraïque, ont révélé un bien étrange secret. Sur ces tombes, les signes et lettres hébraïques sont surmontés de crânes et d’os entrecroisés, insignes propres à la piraterie. Des tombes marquées de la même manière ont également été découvertes à Bridgeport, aux Bahamas, et dans l'ancien cimetière juif de Curaçao. Certes, il est vrai que jusqu'à présent, rares sont les livres d'histoire ayant mentionné les exploits de pirates israélites. Pourtant, certains des flibustiers les plus connus et les plus respectés ayant sillonné les mers au cours des siècles précédents étaient … juifs ! Je vous vois déjà imaginer le mythique capitaine Jack Sparrow, personnage haut en couleurs campé par l’acteur Johnny Depp, dans la saga cinématographique Pirates des Caraïbes, affublé d’une kippa… Non, ces capitaines n'étaient pas les pirates redoutés tels que grimés par l'imagination populaire (parias et criminels attaquant les navires, les villes, en volant les gens de leur argent et parfois de leurs vies) ; beaucoup travaillaient pour la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et d'autres puissances maritimes, protégeant les côtes et les mers de ces nations. D’autres sont délibérément partis en haute mer pour se venger de ceux qui les avaient trahis, eux et leurs familles, au cours de l’Inquisition. Bien que de larges pans de la vie de ces corsaires soient restés mystérieux, les historiens ont rassemblé certains détails permettant de retranscrire un aperçu d’un monde peu connu … celui des pirates juifs. Rétrospective. Lire la suite sur LeMag.co.il.
Dec 4, 2018
Après les missionnaires chrétiens, utilisant le prétexte du « dialogue interculturel», voici qu’en Israël même, un groupe musulman – Dar Assalam – fait du prosélytisme pour convertir les Juifs israéliens à l’islam. Été 2018, extérieur jour. Le soleil est en train de se coucher sur la baie de Tel-Aviv. Dans la cour d’une ancienne mosquée de la vieille ville de Yaffo, des dizaines d’hommes et de femmes pénètrent lentement. Curieusement, ce ne sont pas seulement des Musulmans qui se présentent, mais également plusieurs Juifs. Ceux-ci sont venus suite à un message publié sur Facebook annonçant « la première tenue d’une réunion à Yaffo visant à se familiariser en hébreu avec l’islam. Une occasion rare pour promouvoir le dialogue interconfessionnel et interculturel ». Lire la suite sur LeMag.co.il.